Ouest-France édition St Lô-Coutances-Cherbourg du 18/07/2023 

Des investissements pour la transition écologique

Jean-René Couasnon a lancé son cabinet de conseil en gestion de patrimoine, Cosedia Patrimoine, à Coutances, pour accompagner les investissements dans la transition écologique.

L'idée

Si l'on parle le plus souvent de l'empreinte carbone des secteurs de l'énergie, du transport ou de l'indus­trie, le tertiaire n'est pas exempt d'émissions de gaz à effet de serre. Les banques françaises investissent encore massivement dans les éner­gies fossiles et autres activités ayant un lourd impact sur l'environnement et le climat.

En novembre 2019, les ONG Oxfam et Les Amis de la Terre, assuraient dans un rapport que l'année précé­dente, « les émissions de gaz à effet de serre, issues des activités de financement des quatre principales banques françaises - BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale et BPCE - dans le secteur des éner­gies fossiles, ont atteint plus de 2 milliards de tonnes équivalent CO2. Soit 4,5 fois les émissions de la France ».

Les énergies fossiles finan­cées dans des fonds verts

Durant huit ans, Jean-René Couas­non a travaillé dans un grand groupe d'assurances, en tant que conseiller épargne et prévoyance. Jusqu'à ce qu'il découvre, dans une enquête télévisée, l'an dernier, à quel point son employeur finançait les énergies fossiles, et ce, même à travers ce qui était présenté comme des « fonds superverts ».

Pour le conseiller, sensible aux enjeux environnementaux, la pilule est difficile à avaler. Il quitte son travail et lance, en avril, à Coutances, sa pro­pre activité : Cosedia Patrimoine, un cabinet indépendant, dédié au con­seil en gestion de patrimoine. Avec la particularité de s'être spécialisé dans « l'accompagnement et l'investisse­ment dans un patrimoine responsa­ble, environnemental et solidaire », explique-t-il.

Son rôle est alors d'étudier les con­trats d'assurance-vie de ses clients, et de faire du tri dans les unités de compte (autrement dit les fonds d'investissement) qu'ils contiennent, en retirant de la liste tous ceux qui ont un important impact carbone. « Par­mi 900 unités, je peux n'en garder que 40 », résume Jean-René Couas­non.

Il invite également ses clients à investir dans des entreprises à démarche écologique, comme Fer­mes en vie, société qui achète des exploitations pour les confier à des porteurs de projets, prêts à s'engager dans une démarche d'agroécologie.

Selon le conseiller en gestion de patrimoine, le secteur de la finance a un rôle majeur à jouer dans la transi­tion écologique, en réorientant ses investissements. « Pour fabriquer et installer des panneaux solaires et des éoliennes, des investissements sont nécessaires. Il faut pouvoir aider les acteurs qui le permettent. »

Pour être sûr que ces investisse­ments n'aillent pas dans les poches de grands groupes qui financent éga­lement les énergies fossiles, l'asso­ciation des Acteurs de la finance res­ponsable (AFR), à laquelle Jean-Re­né Couasnon adhère, milite auprès du gouvernement pour faire évoluer certains labels écoresponsables.

En première ligne, le label ISR (investissement socialement responsable)­ . « L'AFR demande un systè­me d'exclusion, pour que les gros consommateurs de carbone ne puissent pas obtenir le label ISR », explique le conseiller. Car selon lui, en échange de quelques démarches environnementales, certaines entre­prises peuvent continuer leurs activi­tés polluantes à côté : « C'est en quel­que sorte un système où on achète du carbone ou du droit à polluer. »

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